Est-ce facile de rouler à vélo à Gap ?

Quand on n’est pas habitué à rouler à vélo, il est évident que l’état de l’infrastructure cyclable peut inciter ou au contraire rebuter.
Dans le pire des cas, l’infrastructure est inexistante et la place pour la voiture est totale, ce qui est un obstacle pour les débutants volontaires.
Dans le meilleur des cas, elle existe, les itinéraires sont bien pensés, efficaces, rapides et agréables. La signalisation est de qualité, les obstacles peu nombreux et le revêtement adapté.
Si l’équipement et l’envie de rouler ne dépendent que de chacun, l’infrastructure est quant à elle pensée au niveaux des collectivités. Mais il est possible d’influer !

Carte collaborative cyclable Gap

Diagnostic cyclable Gapençais réalisé en 2017 par l’Asso Mobil’Idées

Le poids citoyen pour faire évoluer les élus

À Gap, les politiques cyclables sont dans un entre-deux. Il commence à exister quelques portions d’itinéraires agréables comme l’avenue de Provence. Il reste cependant de grosses discontinuités (Ex : avenue Maréchal Foch) et points noirs (Ex : boulevard Pompidou). Dans l’ensemble, circuler à vélo à Gap reste pour actuellement relativement délicat pour qui n’est pas habitué au vélo.

Mais nous, citoyens, pouvons (devons) faire évoluer les choses. Nos élus « professionnels » sont prêt à agir si les citoyens demandent quelque chose, il en va de leur (ré)élection. Si de nombreux maires deviennent écolos ces dernières années, ce n’est pas pour rien, mais bien parce que les citoyens le demandent.
Si tous les Gapencais·es demandaient des pistes cyclables partout et moins de voitures, n’importe quel candidat qui voudrait être élu le proposerait immédiatement dans son programme.

De la bonne orientation des investissements publics

Le coût de la rocade de Gap est estimé à 112 M€ (source prefectures-regions.gouv.fr).
Ce budget faramineux permet de réaliser seulement 9 km de route neuve dont l’effet à long terme sera d’augmenter le trafic automobile et faciliter l’urbanisation…qui augmentera le trafic automobile…qui nécessitera une nouvelle route…etc… Ce phénomène dit de « trafic induit » est bien connu des spécialistes des transports.

Avec le même budget, voici tout ce qu’il est possible de financer pour développer l’usage du vélo (source Cerema / Ademe) :

  • 10 000 arceaux vélo sécurisés (500 € / arceau)
  • + 15 000 subventions de 500 € pour l’achat d’un vélo traditionnel
  • + 20 000 subventions de 1000 € pour l’achat d’un vélo électrique
  • + 250 km de bandes cyclables (100 000 € / km)
  • + 150 km de pistes cyclables (360 000 € / km)

Cet exemple montre qu’il est possible de faciliter l’achat d’un vélo pour les trois quart des habitants du Gapençais tout en sécurisant l’usage du vélo dans la quasi-totalité de l’agglomération !